La grande majorité des frappeurs des ligues majeures utilisent des bâtons en érable et en frêne. Le bureau du commissaire Bud Selig envisage la possibilité, à long terme, de bannir ces types de bâtons en raison de leur fragilité. Les bâtons en boulot jaune, ceux de la compagnie B-45, entre autres, dont Michel Laplante, gérant des Capitales, est copropriétaire, pourrait donc en profiter.
«Le problème avec l'érable, c'est qu'il est trop rigide. Lorsque ce type de bâton brise, il éclate. Dans les dernières années, plusieurs barils ont atteint des lanceurs, des joueurs de premier et troisième buts, ainsi que des entraîneurs. C'est la même chose avec le frêne. L'avantage avec le boulot jaune, c'est qu'il présente la dureté de l'érable et la flexibilité du frêne, tout en étant plus résistant. Nos bâtons B-45 sont donc un excellent compromis», estime Laplante.
Malgré l'opportunité qui pourrait s'offrir à B-45, Laplante ne crie pas victoire.
«Le problème, c'est qu'on ne peut pas breveter un bois, même si nous sommes les premiers à l'avoir utilisé. Plusieurs compagnies veulent maintenant utiliser le boulot jaune. Sans brevet, nous n'avons pas d'avantages.
«Nous sommes aussi très prudents parce que nous ne voulons pas négliger la qualité de nos bâtons. Même si nous voulons prendre de l'expansion, le danger est de tenter de grossir trop rapidement et de fabriquer des bâtons de moindre qualité, ce que nous refusons de faire.»
Visibilité
Toutefois, B-45 jouit d'un avantage.
«Nous sommes reconnus pour être les premiers et nous jouissons d'une grande visibilité. Dans les prochaines années, les grandes compagnies produiront des bâtons en boulot jaune. Ça peut en effrayer certains chez nous, mais nous jouissons d'une avance de deux ans dans la recherche de ce bois, que ce soit pour l'emplacement des arbres ou encore pour les fibres, la teinte du bois ou le degré d'humidité.
«L'érable est trop humide, trop lourd. Pour en faire un bâton, on doit l'assécher, ce qui rend le bois très vulnérable, très fracassant. C'est à ce moment qu'il devient dangereux.»
Si le baseball majeur songe à bannir les bâtons en érable et en frêne, ceux en aluminium pourraient disparaître des rangs universitaires américains.
«Les États de New York, du New Jersey et du Wisconsin, entre autres, ont déjà banni les bâtons en aluminium en raison de l'effet rebond qui donne une grande vitesse à la balle. Le boulot jaune peut donc se révéler une solution de rechange incroyable!»
Un club-école des Twins l'utilise
Le Miracle de Fort Myers, équipe-école A des Twins du Minnesota, dans la Ligue de la Floride, frappera toute la saison avec des bâtons B-45.
«Les joueurs de Fort Myers passeront l'été avec nos B-45, a fièrement fait savoir Michel Laplante. L'avantage avec le bois du Québec, c'est qu'en raison du fleuve, il bénéficie davantage d'humidité. Et comme il pousse au nord, il est plus dur.»
Dans les ligues majeures, une dizaine d'athlètes utilisent les B-45, dont Russell Martin, des Dodgers de Los Angeles, Ray Durham, des Giants de San Francisco, et David Murphy, la recrue des Rangers du Texas.
Revue de presse publiée par Jacques Lanciault, secrétaire général de la LBÉQ.