Au cours des 100 ans d'histoire du CH, plus de 800 joueurs ont porté l'uniforme tricolore. Une centaine d'entre eux raconteront leurs souvenirs à Jeremy Filosa et parleront de la fierté d'avoir endossé ce prestigieux uniforme.


«J’ai été à la bonne place au bon moment.» -Pierre Bouchard

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L’ancien défenseur du Canadien Pierre Bouchard a passé 8 saisons à Montréal (1970 à 1978), remportant 5 coupes Stanley. Il a été sélectionné au premier tour, 5ieme au total par le Canadien en 1965.

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« Le Canadien avait le choix entre moi et un autre joueur qui s’est retrouvé avec les Rangers (George Surmay). J’évoluais au collège Laval et on avait toute une équipe. Marc Tardif, Jean-Guy Lagacé et Pierre Jarry faisaient aussi partie de cette équipe et se sont tous rendu dans la LNH. Claude Ruel m’avait décelé et avait décidé de me repêcher. Ça avait été une belle surprise car à ce moment là, le Canadien subventionnait des équipes de hockey et tous les joueurs qui en sortaient se retrouvaient à Montréal. Gilbert Perreault se serait retrouvé lui aussi avec le Canadien si ce règlement n’avait pas été changé. Je ne crois pas que le Canadien m’a sélectionné à cause de mon père*, mais c’est sûr que les comparaisons sont faciles à faire. On a qu’à penser aux frères de Mario Lemieux et de Wayne Gretzky qui ont tous deux repêchés.»

En 1969, contre toute attente, le Canadien rate les séries éliminatoires. Bouchard arrive donc à Montréal (1970) à un moment ou l’organisation voulait faire amende honorable.

« On ne pouvait pas prévoir à ce moment là que les années ’70 seraient aussi glorieuse pour nous. Chez le Canadien Junior, 15 des 18 joueurs s’étaient retrouvés à Montréal. En 1971 on ne s’attendait vraiment pas à se rendre jusqu’au bout, les Bruins étaient largement favoris. Cependant, les arrivées de Frank Mahovlich et Ken Dryden avaient renversé la vapeur. Cette conquête demeure sûrement un des mes plus beaux souvenirs en carrière. Bien sûr, il y a aussi les buts que j’ai marqués lors de finale de 1976 face aux Flyers. »

Comme les Reds et la Big Red Machine au baseball, le Canadien a dominé les années ’70 et s’est avéré une des meilleures équipes de l’histoire de la ligue nationale. Bouchard, qui a fait partie de cette équipe, sait qu’il a été chanceux de se retrouver avec un noyau de joueurs si dominant.

« Pour gagner 6 Coupes Stanley en 9 ans, il faut que tu sois une des meilleures équipes de l’histoire. C’était une équipe dominante et équilibrée en partant des gardiens jusqu’aux attaquants. Tout le monde connaissait son rôle et dans mon cas, j’étais dans le département des pots cassés. Lorsqu’il y avait trop de brasse camarade, c’est moi qui s’en occupait. J’ai vraiment été à la bonne place au bon moment. J’aurais pu choisir d’aller jouer avec les Nordiques à Québec, mais après avoir pesé le pour et le contre, les choses allaient trop bien pour moi à Montréal pour que je quitte le Canadien. Je n’ai jamais regretté ma décision. Aujourd’hui je me rends compte que les gens qui m’ont vu jouer me reconnaissent encore. Ce n’est le cas pour d’autres qui ont évolué ailleurs.»

Bouchard a finalement quitté l’équipe à cause de l’expansion de 1978. Le Canadien avait décidé de ne pas le protéger. Ce sont les Capitals qui ont décidé de le choisir.

« J’ai quitté Montréal un peu dans le tumulte. L’équipe avait tenté de m’échanger aux Kings avec Murray Wilson, mais j'ai finalement été sélectionné par les Capitals comme tout premier choix. Claude Larose m’a ensuite dit que les Blues de St-Louis, qui choisissaient 2ieme, voulaient aussi m’avoir. Mais après avoir quitté Montréal, ça a été un mélange de bien des choses et j’ai décidé de prendre ma retraite. C’est pour cette raison que n’encouragerais jamais un joueur à se retirer dans la gloire, tu dois aller au bout de tes capacités et ensuite prendre ta retraite. Lorsque j’ai quitté Montréal, j’étais déçu de la façon donc ça s’était passé. Personne ne m’a informé de ce qui venait de se passer. C’est Bertrand Raymond qui m’a informé de la nouvelle dans le vestiaire de l’équipe. Mon père a été là pendant 15 ans, moi pendant 12 ans (incluant le Canadiens Junior) et je n’ai pas été capable d’avoir l’heure juste. C’est ça qui m’a déçu, mais j’ai finalement tourné la page. »

*Le père de Pierre Bouchard, Émile Bouchard avait été le premier capitaine du Canadien et un des meilleurs défenseurs du circuit.

2 commentaires

GuyB a dit :

Une fois, au stade olympique, mon chemin a croisé le chemin de Pierre Bouchard. Il était accompagné d'un enfant et sortait de l'ascenseur venant de la galerie de la presse. Nos regards se sont croisés et pour un moment j'ai eu l'impression qu'on se connaissait. Étrange...
Concernant le vieux "Butch", un scène que j'ai vu de lui, sur film, pas en direct, une des rares scènes conservées et le montrant à l'oeuvre, il était accoté sur le but de son gardien et il parlait au gardien. Je crois que le gardien était Gerry McNeil, mais ce n'est rien de certain.
Un adversaire montait à l'aile droite avec la rondelle et il a essayé de contourner le filet comme si le vieux "Butch" n'était pas là. Donc le vieux "Butch", sans interrompre sa conversation avec son gardien, s'est sorti le derrière d'au moins trois ou quatre pieds et il a planté l'adversaire sur la bande. Un co-équipier a repris la rondelle et l'a sortie du territoire. "Butch" a continué sa conversation avec son gardien. Pas de problème, le "Butch" est là quand ça compte.

Michel Montpetit a dit :

Pierre Bouchard n'était pas un joueur spectaculaire mais il est indéniable qu'il a rendu de précieux services aux Canadiens.C'était un défenseur fiable et robuste ! je garde d'excellents souvenirs de Pierre Bouchard et je souhaite que l'organisation du Canadien finira par rendre un hommage largement mérité à son père, Butch Bouchard.J'ai eu la chance de voir jouer
Butch et il est grand temps que nous puissions assister au retrait de son chandail au cours de l'année 2009. Je m'explique mal le comportement du Canadien qui tarde encore à rendre hommage à l'ex numéro 3 des Canadiens.

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À propos de cette note

Cette page contient une unique note de Jeremy Filosa publiée le 6 janvier 2009 15h10.

« Mon plus gros regret: la défaite en 1989 !» -Ryan Walter est la note précédente de ce blog.

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