Les partisans des Phillies ont pardonné le circuit accordé à Joe Carter
THE ASSOCIATED PRESS
PHILADELPHIE - Mitch Williams se trouve à une table de descripteurs située dans la promenade principale du Citizens Bank Park, jasant avec enthousiasme de baseball avec les partisans.
Portant un complet à rayures, une cravate et des lunettes dernier cri, Williams a un look plus professionnel qu'au temps où on le surnommait "The Wild Thing".
Au moment où il répond à des appels du public, expliquant pourquoi il croit que les Phillies vont battre les Rays, en Série mondiale, environ 20 personnes attendent patiemment la prochaine pause publicitaire. Quand celle-ci arrive, c'est la vague déferlante.
"Hé Mitch, signe moi ça s'il-te-plait", dit un gars portant un ancien chandail de Mike Schmidt, en lui remettant une balle.
"Est-ce qu'on peut prendre une photo avec toi?", demande une femme qui rassemble ses deux enfants pour l'occasion.
"Toi tu l'as l'affaire, mon gars", ajoute un partisan aux facultés plus ou moins affaiblies par l'alcool, gardant deux verres de bière en équilibre.
Williams signe les autographes, sourit pour les photos et serre les mains, en plus de donner quelques accolades. On ne soupçonnerait jamais qu'il s'agit là du même homme qui a si durement brisé les espoirs des partisans de la région, la dernière fois que les Phillies se trouvaient en Série mondiale.
C'est Williams qui a concédé le circuit de Joe Carter en fin de neuvième lors du sixième match de la série ultime, en 1993 - une longue balle qui donnait aux Jays un deuxième titre d'affilée.
Williams a reçu des menaces de mort, et des individus ont lancé des oeufs sur sa maison, à la suite de ce revers. Il n'a jamais effectué un tir de plus pour les Phillies; on l'a envoyé à Houston car le directeur général de l'époque, Lee Thomas, ne pensait que Williams aurait pu supporter un retour dans un environnement potentiellement hostile.
Les amateurs ont toutefois rapidement pardonné au gaucher à la balle rapide redoutable. Lorsqu'il est revenu à Philadelphie pour la première fois avec les Astros, en mai 1994, il a reçu une ovation debout.
"Ils ont toujours été formidables avec moi, a dit Williams. Ils savaient que je ne me donnais pas d'excuses. Si je faisais une erreur, j'essayais de la corriger le soir suivant. Et c'est comme ça pour eux, aussi. Ils n'ont pas toujours des journées remarquables au travail, alors ils comprennent."
Williams n'a jamais demandé à ce qu'on l'échange, après le circuit de Carter. Il voulait rester avec les Phillies, peu importe la pression. Ses coéquipier appréciaient sa capacité à accepter le blâme, quand il ratait son coup.
"Ce que je me rappelle de Mitch après ce circuit, c'est qu'il a affronté la musique, a dit Pete Incaviglia, qui jouait au champ gauche pour les Phillies, en 1993. Il ne s'est pas caché. Il s'est assis dans le vestiaire et il a attendu que les médias arrivent. Je pense qu'à Philadelphie, qui est une ville formidable, si les gars ne se défilent pas quand ça ne va pas bien, les gens vont leur pardonner."
Comme joueur, Williams était direct et honnête. Il n'hésitait jamais à reconnaître ses mauvaises performances, lorsqu'elles survenaient, et il a la même approche aujourd'hui, derrière le microphone.
Williams a des opinions bien tranchées, il n'a pas peur de critiquer, et il fait ses devoirs. Il contribue à la station de radio de sports WIP-AM, est l'hôte d'une émission d'avant-match appelée "The Wild Pitch", sur le réseau radiophonique des Phillies, et il agit aussi comme analyste daprès-match pour le réseau Comcast SportsNet.